L’amazone
Pourquoi j’aime les femmes ?
Il se promène sur leur corps une odeur de danger
Juste d’un baiser, je peux deviner leur goût épicé
Elles font fondre la glace dans des sentiments emmêlés
Et s’octroient le pouvoir de se donner en se faisant désirer.
Pourquoi j’aime les hommes ?
Leurs âmes s’époumonent d’une fébrile virilité
Qui violent délicatement tous les sens qui m’ont été données
Ils attisent l’attention parce qu’ils sont condamnés
A offrir aux femmes un plaisir non contrôlé mais partagé.
Pourquoi j’aime les femmes ?
Elles remplissent de douceur chacune de mes sensations
Et ne se refusent point d’assouvir une soudaine passion
Leurs murmures ne s’entendent qu’au passage du vent
Sous mes doigts, je les sens jouir quand c’est le moment.
Pourquoi j’aime les hommes ?
Ils ne savent combler mes envies qu’en dansant
J’ai beau m’interdire d’y penser, mon corps le dément expressément
En acceptant l’effleurement de leurs caresses dans la beauté des saisons
Sous leurs doigts, je bascule dans le feu enivrant des amants.
Pourquoi j’aime les femmes ?
Elles ferment les yeux à proximité de la flamme
Il n’y plus d’infinis dans ce contentement quand elles s’exclament
Et encore moins de descente du paradis souvent nommés des infâmes
Elles sont encore prêtes à faire fusionner ce qui leur reste d’âme.
Pourquoi j’aime les hommes ?
Ils perçoivent toujours de nos corps le parfum qui émane
Dans la confusion des sens, ils honorent ce qu’ils profanent
Je ne leur demande pas d’attendre avant qu’ils ne s’arment
Ils pourraient se retirer en ayant peur d’une quelconque panne.
Pourquoi j’aime les femmes ?
Elles laissent flotter dans l’air l’intensité de leur désir
Le frôlement de leurs lèvres ne me rapproche que du plaisir
J’ose prendre le temps de vraiment les sentir
Quelques heures ne suffisent plus au prolongement des soupirs.
Pourquoi j’aime les hommes ?
Ils raccourcissent la durée exaltante de mes rires
Le jeu de la séduction ne commence qu’à s’épanouir
Et le son laissé par nos halètements s’évanouit sans prévenir
Alors je laisse pénétrer la brèche des sensations qui m’éblouit.
Pourquoi j’aime les femmes ?
Nous partageons constamment les mêmes douleurs
Dans nos étreintes, il n’y a plus de peurs
Je ne peux que consentir au partage de cette douceur
Qui conduit nos appréhensions au simple bonheur.
Pourquoi j’aime les hommes ?
Nous les attirons à cause de nos tendres profondeurs
Dans un moment d’égarement, ils veulent apprivoiser nos frayeurs
Je me perds dans le tourbillon enchanté de ces beaux parleurs
Que nous complétons parce qu’ils sont nos âmes-sœurs.
Pourquoi j’aime les femmes ?
Pourquoi j’aime les hommes ?
Je devrais les décrire comme une irrésistible somme
D’interdits continuels qui consument et consomment
J’accepte avec ferveur ce qu’ils me donnent
Parce qu’à la fin, je ne reste qu’une amazone.
Solane Kenne